...

Oh, de quel soulagement et de quelle extase son coeur fut rempli ! La lueur éclairait la plus belle des créatures. Envahie par la honte de sa folie et de son manque de confiance, elle tomba à genoux et s'il n'était tombé de ses mains tremblantes, elle aurait plongé le couteau dans son propre sein. Mais tandis qu'elle se penchait, incapable de se refuser la joie de contempler tant de beauté, une goutte d'huile brûlante tomba de la lampe sur l'épaule du bel endormi. Il s'éveilla en sursaut, vit la lumière et la déloyauté de Psyché; sans un mot, il s'enfuit.
Elle courut derrière lui dans la nuit. Elle entendait sa voix qui lui parlait. Il lui apprit son nom et tristement lui dit adieu.
«L'amour ne peut vivre sans confiance» , et sur ces derniers mots, il la quitta.
«Le dieu de l'Amour» , pensa-t-elle. «Il était mon époux, et moi, misérable, j'ai manqué de foi en sa parole. Est-il parti à jamais ? De toute façon...» se dit-elle encore, «je peux passer le reste de ma vie à sa recherche. S'il n'éprouve plus aucun amour pour moi, je saurai, moi, lui montrer combien je l'aime» . Et elle se mit en route sachant qu'elle ne renoncerait jamais à le retrouver.
...

# Posté le lundi 19 décembre 2005 15:55

...

Il était allé rejoindre sa mère pour lui demander de panser sa blessure. Quand Vénus entendit son histoire et apprit qu'il avait choisi Psyché, elle le quitta avec colère et partit en quête de cette jeune fille dont il l'avait rendue plus jalouse encore. Elle était décidée à montrer à Psyché ce qu'il en coûte de s'attirer le courroux d'une déesse.
La pauvre Psyché tentait en vain de se concilier les dieux, mais aucun d'eux ne voulut faire quoi que ce soit qui pût attirer l'inimitié de Vénus. Elle comprit qu'il n'y avait aucun espoir de ce côté et elle prit la décision de s'adresser à Vénus elle-même en lui offrant de la servir. Elle se mit donc en route pour retrouver la déesse qui elle-même la cherchait partout.
Quand enfin elles se rencontrèrent, Vénus se mit à rire et lui demanda avec mépris si elle cherchait un mari, celui qu'elle avait eu refusant de la voir depuis qu'il avait failli mourir de la brûlure qu'elle lui avait infligée.
«Mais en vérité» , dit la déesse, «tu es si laide et tu paies si peu de mine que jamais tu ne trouveras un amoureux, si ce n'est en te rendant utile avec diligence et peine. Pour te montrer ma bonne volonté, je vais donc t'enseigner comment t'y prendre.»
Elle prit une quantité des graines les plus petites de blé, de coquelicot, de millet, et d'autres encore et les mélangeant toutes ensemble, elle en fit un grand tas.
«Dans ton propre intérêt, veille à ce que tout ceci soit trié pour ce soir» , dit-elle. Et sur ces mots, elle s'en alla.
Psyché s'assit et contempla le tas de graines. Désorientée devant tant de cruauté de cet ordre et un tâche aussi manifestement impossible. Mais celle qui n'avait su éveiller la compassion ni chez les mortels, ni chez les immortels, fut prise en pitié par les plus petites créatures, par les fourmis, ces ouvrières infatigables. Elles vinrent par vagues successives et travaillèrent avec acharnement, séparant, triant, amoncelant; ce qui n'avait été qu'une masse confuse devint une série de monticules bien ordonnés, chacun composé d'une seule variété de semence. À cette vue, Vénus à son retour se mit fort en colère.
«Ton travail n'en est pas pour autant terminé» dit-elle.
Le matin suivant, elle trouva une nouvelle tâche plus dangereuse cette fois.
«En bas, près de la rivière, là où poussent ces épais buissons, se trouvent des moutons dont la toison est d'or,» lui dit-elle. «Va me chercher un peu de leur laine brillante.»
Quand la jeune fille atteignit le gracieux cours d'eau, un grand désir lui vient de s'y jeter et d'amener ainsi la fin des ses peines et de son désespoir. Comme elle se penchait une petite voix s'élevait du sol, et baissant les yeux elle comprit que la voix provenait d'un roseau. Il lui disait qu'elle ne devait pas se noyer, que les choses ne présentaient pas mal à ce point. Les moutons étaient, certes, très violents et méchants, cependant le soir venu, ils sortaient des broussailles pour se reposer et s'abreuver au bord de la rivière. Il ne lui resterait plus qu'à entrer dans les fourrés et à y récolter toute la laine dorée accrochée aux ronces.
Psyché ayant suivi les conseils du roseau fut à même de rapporter une grande quantité de fils d'or à sa cruelle maîtresse. Vénus s'en saisit avec un sourire plein de fiel.
«Quelqu'un t'a aidée» , dit-elle d'un ton brusque. «Seule tu n'aurais pu venir à bout. Je vais te donner une nouvelle occasion de prouver que tu as le coeur aussi résolu que tu le prétends. Vois-tu cette eau noire qui descend de cette colline ? C'est la source du fleuve terrible et haï, le Styx. Tu y rempliras le flacon que voici. »
C'était la plus dure des tâches imposées jusqu'ici; Les rochers qui l'entouraient de tous côtés étaient si escarpés et si glissants, l'eau s'y précipitait d'une façon si terrifiante, que seule une créature ailée eût pu s'en approcher. Son sauveur, cette fois, fut un aigle qui planait non loin de là. Avec son bec, il lui prit le flacon des mains, le remplit d'eau noire et le lui rapporta.
Mais Vénus s'entêtait. Tout ce qui se passait avait pour seul effet de l'inciter à de nouvelles tentatives. Elle donna une boîte à Psyché avec pour consigne de la porter dans le monde souterrain et de prier Proserpine d'y mettre un peu de sa beauté. Obéissante comme toujours, Psyché s'en fut à la recherche du chemin conduisant au Hadès. Comme elle passait devant une tour, celle-ci s'offrit à la guider; elle lui donna un itinéraire détaillé qui la mènerait au palais de Proserpine : il fallait passer d'abord par un grand trou dans la terre, puis par la rivière de la mort où elle donnerait une obole au nocher Charon afin qu'il la déposât sur l'autre rive. De là, la route descendait droit au palais. Cerbère, le chien aux trois têtes, gardait la porte, mais si elle lui offrait un gâteau, il s'apprivoiserait et la laisserait entrer.
Tout se passa bien entendu comme la tour l'avait annoncé. Proserpine ne demandait pas mieux que de rendre service à Vénus; Psyché reprit la boîte et s'en revint avec bien plus de célérité qu'elle était venue.
Par sa curiosité, elle provoqua elle-même l'épreuve suivante. Elle voulait voir le charme de beauté que contenait la boîte et peut-être en user un peu pour elle-même. Aussi bien que Vénus, elle savait que son apparence soufffrait de tout ce qu'elle endurait. Si seulement elle pouvait se rendre plus belle pour Cupidon. Elle ouvrit la boîte. À son grand désappointement, elle n'y trouva rien; la boîte paraissait vide. Cependant, une langueur mortelle la prit aussitôt et elle tomba dans un profond sommeil.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 19 décembre 2005 16:49

...

À ce moment critique, le dieu de l'Amour intervint. Il est difficile d'emprisonner l'Amour. Vénus avait verrouillé les portes, mais il restait les fenêtres. Rien de plus aisé pour Cupidon que de s'envoler et de se mettre à la recherche de sa femme. En un instant, il enleva le sommeil des yeux de Psyché pour le remettre dans la boîte. Puis il réveilla sa femme en la piquant légèrement de la pointe d'une de ses flèches; il la gronda un peu pour sa curiosité, il lui dit de porter à sa mère la boîte de Proserpine et enfin lui affirma que tout se passerait bien désormais.
Tandis que l'heureuse Psyché s'empressait d'obéir, le dieu de l'Amour s'envolait vers l'Olympe. Il voulait s'assurer que Vénus ne leur causerait plus de difficultés, et il porta l'affaire devant Jupiter lui-même. Le Père des dieux et des hommes consentit aussitôt à tout ce que Cupidon lui demandait —
«Bien que» lui dit-il, «tu m'aies fait grand tort dans le passé — tu as sérieusement endommagé ma réputation et ma dignité en m'obligeant à me changer en taureau, en cygne et j'en passe...Néanmoins, je ne peux rien te refuser.»*

Il convoqua les dieux en assemblée plénière; il leur annonça (à Vénus comme aux autres) que Cupidon et Psyché étaient officiellement mariés et il proposa d'accorder l'immortalité à l'épousée. Mercure enleva Psyché au ciel et la déposa dans le palais des dieux; Jupiter lui-même la fit goûter àl'ambroisie qui la rendit immortelle. Vénus ne pouvait trouver à redire à ce qu'une déesse devînt sa belle-fille. Elle se dit aussi que Psyché, vivant au ciel avec un mari et des enfants dont il lui faudrait s'occuper, n'aurait plus guère le temps de descendre sur la terre pour y tourner la tête aux hommes et s'immiscer dans son propre culte.
Tout se termina donc le plus heureusement du monde. L'Amour et l'Ame, (car c'est là ce que signifie Psyché en grec) s'étaient cherchés et après de dures épreuves s'étaient enfin trouvés. Et cette union ne devait jamais plus se briser.
...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 19 décembre 2005 17:05

...

Vous voyais que les contes de la belle au bois, de cendrillon,de la belle et la bette..et autres, ont une origine mythologique!!
Je ne ferais pas de commentaires sur ce recit...Je vous laisse trouver tout les rouages psycologiques qui y sont illustrés.
Je ne dirais qu'un seul mot...la confiance est primordial dans un couple.

J'aime beaucoup ce mythe et je m'emerveille a chaque fois que je le lit...Et je demande toujours comment nos ancetre on fait pour raconter avec autant de magesté leur vie cotidienne et leurs demons cachés dans leur inconscient!
L'ame et l'amour...ce conflit entre l'esprit et le corp,le visible et l'invisible...!!qui n'a jamais resentie cela???

# Posté le mardi 20 décembre 2005 04:52

au commencement...

J'aime pas trop raconter ma vie a vrai dire...
C'est mon meilleur ami qui m'a donné l'idée de faire un blog.Il m'a donné son adresse et j'ai été trés impressionné pas ce qu'il avais fait.Alors je me suis dit..:pourquoi pas moi????
Alors je vais commencer par parler de lui!
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 20 décembre 2005 06:15