Cette demi-présence ne pouvait pleinement la satisfaire; cependant, elle était heureuse et le temps passait vite. Mais une nuit, son cher bien qu'invisible époux lui parla gravement et l'avertit qu'un danger la menaçait -- sous la forme de ses deux soeurs.
«Elles se rendent sur la colline où tu as disparu,afin d'y pleurer sur toi », lui dit-il. «Mais à aucun prix il ne faut qu'elles t'aperçoivent. Sinon, tu deviendrais pour moi la cause d'une grande peine et pour toi, celle de ta propre destruction».
Elle promit de ne pas se laisser voir, mais passa toute la journée à pleurer en pensant à ses soeurs et à la défense qui lui était faite. Elle pleurait encore lorsque son mari revint et même les caresses qu'il lui prodigua ne purent tarir ses larmes. Avec chagrin, il céda en lui faisant promettre de faire attention.
Le lendemain, portées par Zéphyre, les deux soeurs entrèrent dans le palais et en virent tous les trésors; attablées devant le sompteux banquet, elles entendirent la merveilleuse musique. Une amère envie s'empara d'elles ainsi que la curiosité. Elles voulaient connaître l'époux, le seigneur de toute cette magnificence. Mais Psyché tint parole et se contenta de répondre que son mari était un homme jeune et qu'il était parti à la chasse. Puis après avoir rempli leurs mains d'or et de joyaux, elle pria Zéphyre de les ramener sur la colline. Les deux soeurs quittèrent Psyché le coeur dévoré par la jalousie. Comparées à elle, toutes leurs richesses semblaient réduites à néant et leur colère envieuse grandit tellement qu'elles en vinrent à comploter la perte de leur soeur.
Cette nuit-là, l'époux la mit une fois de plus en garde. Mais elle ne voulait rien écouter, lui rappelant qu'elle ne pouvait jamais le voir et qu'on ne pouvait lui interdire de voir même ses soeurs qui lui étaient si chères. Il céda de nouveau et bientôt les deux méchantes femmes arrivèrent, leur complot soigneusement mis au point. Elles se doutaient que leur soeur n'avait jamais vu son époux ne pouvant le décrire lorsqu'elles lui avaient demandé. Elles ne dirent rien mais lui reprochèrent de dissimuler sa désolante condition. Elles avaient appris, ajoutèrent-elles, que son mari n'était pas du tout un homme mais bien l'affreux serpent annoncé par l'oracle d'Apollon. Il se montrait doux pour l'instant, mais une nuit viendrait où il se jetterait sur elle pour la dévorer.
Psyché sentait la terreur l'envahir. Elle s'était demandé si souvent pourquoi il ne lui permettait pas de le voir. Misérable à l'excès, troublée, balbutiante, elle laissa entendre à ses soeurs que son mari ne l'avait rejointe que dans l'obscurité la plus profonde.
«Il doit bien y avoir quelque chose d'horrible en lui pour qu'il craigne ainsi la lumière du jour», dit-elle en sanglotant, et elle les pria de lui donner un conseil.
Elles lui conseillèrent de cacher un couteau bien effilé et une lampe à côté de son lit puis quand son mari serait profondément endormi d'allumer la lampe et de plonger vivement le couteau dans la forme affreuse que la lueur de la lampe lui révélerait certainement.
Toute la journée Psyché qui aimait son cher époux, fut rongée par le doute. Le soir venu, elle était bien décidée à une chose : elle le verrait.
Quand enfin il s'endormit, elle rassembla son courage et alluma la lampe. Sur la pointe des pieds, élevant la lampe, elle regarda celui qui était étendu.
«Elles se rendent sur la colline où tu as disparu,afin d'y pleurer sur toi », lui dit-il. «Mais à aucun prix il ne faut qu'elles t'aperçoivent. Sinon, tu deviendrais pour moi la cause d'une grande peine et pour toi, celle de ta propre destruction».
Elle promit de ne pas se laisser voir, mais passa toute la journée à pleurer en pensant à ses soeurs et à la défense qui lui était faite. Elle pleurait encore lorsque son mari revint et même les caresses qu'il lui prodigua ne purent tarir ses larmes. Avec chagrin, il céda en lui faisant promettre de faire attention.
Le lendemain, portées par Zéphyre, les deux soeurs entrèrent dans le palais et en virent tous les trésors; attablées devant le sompteux banquet, elles entendirent la merveilleuse musique. Une amère envie s'empara d'elles ainsi que la curiosité. Elles voulaient connaître l'époux, le seigneur de toute cette magnificence. Mais Psyché tint parole et se contenta de répondre que son mari était un homme jeune et qu'il était parti à la chasse. Puis après avoir rempli leurs mains d'or et de joyaux, elle pria Zéphyre de les ramener sur la colline. Les deux soeurs quittèrent Psyché le coeur dévoré par la jalousie. Comparées à elle, toutes leurs richesses semblaient réduites à néant et leur colère envieuse grandit tellement qu'elles en vinrent à comploter la perte de leur soeur.
Cette nuit-là, l'époux la mit une fois de plus en garde. Mais elle ne voulait rien écouter, lui rappelant qu'elle ne pouvait jamais le voir et qu'on ne pouvait lui interdire de voir même ses soeurs qui lui étaient si chères. Il céda de nouveau et bientôt les deux méchantes femmes arrivèrent, leur complot soigneusement mis au point. Elles se doutaient que leur soeur n'avait jamais vu son époux ne pouvant le décrire lorsqu'elles lui avaient demandé. Elles ne dirent rien mais lui reprochèrent de dissimuler sa désolante condition. Elles avaient appris, ajoutèrent-elles, que son mari n'était pas du tout un homme mais bien l'affreux serpent annoncé par l'oracle d'Apollon. Il se montrait doux pour l'instant, mais une nuit viendrait où il se jetterait sur elle pour la dévorer.
Psyché sentait la terreur l'envahir. Elle s'était demandé si souvent pourquoi il ne lui permettait pas de le voir. Misérable à l'excès, troublée, balbutiante, elle laissa entendre à ses soeurs que son mari ne l'avait rejointe que dans l'obscurité la plus profonde.
«Il doit bien y avoir quelque chose d'horrible en lui pour qu'il craigne ainsi la lumière du jour», dit-elle en sanglotant, et elle les pria de lui donner un conseil.
Elles lui conseillèrent de cacher un couteau bien effilé et une lampe à côté de son lit puis quand son mari serait profondément endormi d'allumer la lampe et de plonger vivement le couteau dans la forme affreuse que la lueur de la lampe lui révélerait certainement.
Toute la journée Psyché qui aimait son cher époux, fut rongée par le doute. Le soir venu, elle était bien décidée à une chose : elle le verrait.
Quand enfin il s'endormit, elle rassembla son courage et alluma la lampe. Sur la pointe des pieds, élevant la lampe, elle regarda celui qui était étendu.