Sublime tableau, cette « Atala au tombeau » peinte par Girodet en 1808, soit sept ans après le roman de Chateaubriand qui fait le recit de l'épopé d'Atala.
Toujours nous hanteront les chairs d'ivoire de la jeune Indienne comme la posture de ceux qui la soutiennent : le moine en robe de bure, recueilli et sévère, et le jeune Indien Chactas au nez si grec et à la musculation digne de l'antique, recroquevillé sur son chagrin et les jambes de sa bien-aimée, comme s'il semblait hésiter à la mettre au tombeau.
Est-elle vivante ? Est-elle perdue pour toujours ou désirable encore ? L'ovale parfait du visage d'Atala, qui s'est empoisonnée pour avoir, en dépit de son amour, voulu rester fidèle à sa foi chrétienne et à son voeu de virginité, ses paupières closes, ses seins devinés sous la transparence du suaire, nous parlent d'un sommeil dont nous aimerions tant la réveiller. Cette éclaircie en arrière-plan, ces fragiles jasmins rouges de Virginie au-delà des rochers, la croix qui s'y dresse en contre-jour, nous suggèrent un espoir aussi fou que la passion. On voudrait oublier la fosse dans laquelle les deux hommes ont déjà pénétré, la réalité de l'ensevelissement. Le temps, pour l'instant, s'est arrêté.
Girodet, le plus littéraire des peintres de sa génération, volait en quelque sorte au-devant du succès en illustrant un « best-seller » de Chateaubriand, le plus pictural des écrivains de l'époque, et aujourd'hui son tableau, pur vertige érotique, mystère de sensualité et de mort, assure encore la glorification du style romantique
Toujours nous hanteront les chairs d'ivoire de la jeune Indienne comme la posture de ceux qui la soutiennent : le moine en robe de bure, recueilli et sévère, et le jeune Indien Chactas au nez si grec et à la musculation digne de l'antique, recroquevillé sur son chagrin et les jambes de sa bien-aimée, comme s'il semblait hésiter à la mettre au tombeau.
Est-elle vivante ? Est-elle perdue pour toujours ou désirable encore ? L'ovale parfait du visage d'Atala, qui s'est empoisonnée pour avoir, en dépit de son amour, voulu rester fidèle à sa foi chrétienne et à son voeu de virginité, ses paupières closes, ses seins devinés sous la transparence du suaire, nous parlent d'un sommeil dont nous aimerions tant la réveiller. Cette éclaircie en arrière-plan, ces fragiles jasmins rouges de Virginie au-delà des rochers, la croix qui s'y dresse en contre-jour, nous suggèrent un espoir aussi fou que la passion. On voudrait oublier la fosse dans laquelle les deux hommes ont déjà pénétré, la réalité de l'ensevelissement. Le temps, pour l'instant, s'est arrêté.
Girodet, le plus littéraire des peintres de sa génération, volait en quelque sorte au-devant du succès en illustrant un « best-seller » de Chateaubriand, le plus pictural des écrivains de l'époque, et aujourd'hui son tableau, pur vertige érotique, mystère de sensualité et de mort, assure encore la glorification du style romantique
